La tombe de Noureev et son tapis de mosaïque

Si vous passez par l’Ile de France et que vous vous sentez soudain pris d’une envie de Russie, faites un tour à Sainte-Geneviève des Bois. Créé en 1927 par la diaspora russe, le cimetière communal, appelé aujourd’hui "cimetière russe", abrite de nombreuses personnalités originaires de Russie (artistes, hommes politiques, militaires…).

tombeau-noureevParmi elles, on compte Rudolf Khametovitch Noureev (ou Noureïev), immense danseur classique décédé du SIDA le 6 janvier 1993, à l’âge de 54 ans. Né en 1938 à Irkoutsk (Sibérie Orientale), il avait fui l’URSS et était arrivé en France à 23 ans, où il allait devenir danseur étoile puis maître de ballet au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Il fut inhumé, selon sa volonté, au cimetière russe de Sainte-Geneviève des Bois, et depuis mai 1996, il repose sous un magnifique tapis de mosaïque, aux couleurs chatoyantes des kilims orientaux, que Noureev affectionnait particulièrement. Cette mosaïque d’émaux rouges, bleus et or fut dessinée par le décorateur de théâtre et des ballets de Noureev, Ezio Frigerio, puis réalisée par un atelier de mosaïstes de Ravenne et répondant au nom d’Akomena.

Ainsi enveloppée, la tombe est non seulement superbe, mais le tapis a l’air plus vrai que nature et donne un côté chaleureux à la sépulture. Il rappelle aussi, bien sûr, les origines orientales de Noureev, ainsi que son goût pour les voyages. Un dernier kilim pour un dernier voyage…

Pour se rendre au cimetière orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois :

En car : 58 boulevard Saint-Jacques (Denfert Rochereau), direction Ste-Geneviève-des-Bois (en principe, toutes les heures à partir de 8h du matin). Pour plus d’infos : http://www.transdev-idf.com/

En RER et bus : Prendre le RER C direction Etampes et de descendre à la gare de Sainte-Geneviève des Bois puis  prendre le bus n°104 direction ZI croix blanche et  descendre à l’arrêt Parc Pierre qui se trouve tout près du cimetière.

Souvenirs de Barcelone

BarceloneLe ciel a beau être bleu par chez moi aujourd’hui, l’hiver est bien là. Entre les réjouissances de Noël et l’arrivée du printemps, on a tendance à garder la tête dans le guidon du boulot, en oubliant de respirer, même si l’air est un peu frisquet. Avec une pensée particulière pour les malchanceux qui vivent ce début d’année sous un ciel bas et humide, je prends quelques minutes pour me remémorer et partager avec vous une semaine estivale à Barcelone, pleine de surprises mosaïstiques. Comme vous pouvez vous en douter, mes visites ont tourné autour de l’artiste Antoni Gaudí ! Rappelons d’abord qui était Antoni Gaudí…

Architecte et designer originaire de Catalogne, Antoni Gaudí jouit d’une notoriété incomparable au niveau international. Né en 1852, il fut la plus grande figure de l’Art Nouveau catalan, mouvement artistique du tournant du XXe siècle, né en réaction à l’ère de l’industrialisation. Il eut comme principaux clients l’Eglise et la bourgeoisie de Barcelone, où il s’installa très tôt et dont l’architecture fut marquée durablement par son travail : sept des œuvres de Gaudí ont ainsi été classées au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1984.

De son vivant, son œuvre fut parfois controversée en raison de son originalité, de son audace. Pour lui, l’architecture était un art total : accordant le plus grand intérêt au moindre détail, il travaillait en étroite collaboration avec nombre d’artisans afin de mettre en valeur toutes sortes de matériaux. Le fer forgé acquit avec lui ses lettres de noblesse, ainsi que le vitrail, la céramique, etc. Le mobilier faisait désormais partie du bâtiment et ses formes épousaient celles des pièces dans lesquels il était intégré. Les rampes d’escaliers devenaient ergonomiques ; tout était pensé pour que le lieu soit à la fois esthétique et pratique au quotidien.

Ce qui frappe dans l’œuvre de Gaudí, c’est son aspect organique. On trouve donc toutes sortes de motifs inspirés de la nature, notamment autour de thèmes marins, mais aussi de nombreuses courbes (trait caractéristique de l’Art Nouveau), un travail torsadé du fer forgé, une taille arrondie des pierres… Par ailleurs, l’utilisation récurrente de la mosaïque, souvent en trencadis (en catalan : cassures, éclats, autre terme pour désigner la technique du picassiette), apporte une nouvelle dimension, celle de la couleur, grande oubliée de l’architecture de l’époque.

En 1926, Antoni Gaudí mourut à Barcelone, des suites de ses blessures après avoir été renversé par un tramway. Travaillant d’arrache-pied à son immense projet de la Sagrada Familia, il vivait en ermite dans son œuvre en construction. A la suite de l’accident, son allure de vagabond fit que personne ne le reconnut et il fut donc transporté trop tard à l’hôpital pour être sauvé. Il avait 74 ans.

Voici des images rapportées de quelques-uns de ces lieux magiques qu’il nous a laissés. Dans l’ordre, vous pourrez admirer les mosaïques de la Casa Batllo, du parc Guëll, du Palau Guëll, puis de la Sagrada Familia :

J’ajoute aux oeuvres de Gaudí quelques clichés de l’extérieur du Palau de la Música Catalana (Palais de la Musique Catalane), créé par l’architecte barcelonais Lluís Domènech i Montaner. Le Palau, lui aussi riche en mosaïques, constitue son œuvre la plus aboutie et il reçut en 1909 le prix de la Mairie de Barcelone.

The First International Urban Intervention in Chile is over !

affiche projet janvier 2014Comme annoncé dans un article précédent, quatre-vingt mosaïstes (plus que prévu, donc) du monde entier se sont retrouvés, du 13 au 24 janvier, à Puente Alto (Chili), à l’invitation d’Isidora Paz Lopez, dans le but de réaliser ensemble une fresque géante autour de la mairie. Un grand bravo à tous les artistes, et un grand merci à celles et ceux qui ont bien voulu partager leurs images avec nous ! On a un peu eu l’impression de participer nous aussi à cette merveilleuse aventure… En voici quelques clichés, qui dévoilent progressivement l’immense travail accompli :

"Unfurled", un beau projet terminé !

Pamela Pardue Goode devant "Unfurled"

Pamela Pardue Goode devant "Unfurled"

Je vous parlais il y a quelque temps de ce projet mené par Lin Schorr et Pamela Pardue Goode, auquel ont participé au total 55 mosaïstes de différents pays : l’objectif était la création d’une mosaïque commune (chacun a travaillé chez lui, sur une partie du dessin ensuite envoyée aux organisatrices), à poser sur le mur de la Ciel Gallery, fondée par Pamela, à Charlotte, en Caroline du Nord. Voilà qui est chose faite ! Pour admirer leur œuvre de plus près, n’hésitez donc pas à faire un détour au 128 E. Park Avenue, à Charlotte, la prochaine fois que vous voyagerez aux Etats-Unis !

Parution du dernier Mosaïque Magazine

7Hier, les abonnés ont reçu le numéro 7 de l’unique revue française consacrée à l’art de la mosaïque, Mosaïque Magazine. Vous la trouverez dans tous les bons ateliers et vous pouvez aussi la commander directement sur le site de Mosaïque Magazine.

Au sommaire, entre autres, un tour des expositions et Biennales consacrées à la mosaïque ayant eu lieu en 2013 en France et en Italie, un détour par les Etats-Unis, des gros plans sur quelques artistes, un intéressant reportage sur le monde de Raymond Isidore, à l’origine du Picassiette…

Bonne lecture à tous !