Chagall à la Chapelle Sainte Roseline (Les Arcs sur Argens, France)

Le week-end dernier, j’ai enfin pris le temps d’aller jeter un œil au fameux Repas des Anges, grande mosaïque de Marc Chagall, cachée dans une petite chapelle au fin fond du Var (83)… La chapelle Sainte Roseline au printemps

La chapelle Sainte Roseline fut construite au XIe siècle, sur la commune des Arcs sur Argens (à une petite quinzaine de kilomètres de Draguignan), juste à côté d’un fort joli cloître, qui formait autrefois avec la chapelle le monastère de la Celle-Roubaud. Elle se trouve à l’écart du village, au milieu des vignes. Le cloître de Sainte Roseline

Le nom actuel de la chapelle apparaît au XIXe siècle, en mémoire de Sainte Roseline, née au château des Arcs le 27 janvier 1263. Dès son plus jeune âge, Roseline fit preuve d’une grande charité, n’hésitant pas à braver l’interdiction paternelle en vidant les greniers du château pour distribuer les réserves aux paysans venus réclamer du pain. Un jour, elle fut surprise par son père, qui lui ordonna de montrer ce qu’elle cachait sous son tablier. Elle ouvrit donc son tablier, d’où s’échappa une brassée de roses. Le « miracle des roses » avait eu lieu.

En 1278, Roseline, très pieuse, terminait son noviciat au couvent de Bertaud, près de Gap. Un soir, chargée de préparer le repas de la communauté, elle se mit en prière et sentit soudain le Seigneur auprès d’elle, avec lequel elle s’entretint. A l’arrivée des religieuses, le repas n’était évidemment pas prêt, mais Roseline fut sauvée de l’ire de la prieure par des anges qui mirent la table et y déposèrent la nourriture à sa place.

Aujourd’hui, on peut voir la momie de Sainte Roseline dans la chapelle, classée monument historique en 1980. Le bâtiment fut en effet restauré en 1969, grâce au mécénat d’Adrien Maeght (dont la famille est l’origine de la Fondation Maeght). On demanda alors à quatre artistes contemporains de l’enrichir d’œuvres d’art moderne : les vantaux en bronze martelé de la niche du reliquaire sont l’œuvre de Diego Giacometti, de même que le lutrin en bronze. Jean Bazaine et Raoul Ubac composèrent ensemble les vitraux, et Marc Chagall réalisa la grande mosaïque représentant le repas des anges.

A vrai dire, Chagall, comme beaucoup d’autres artistes, ne faisait souvent que dessiner ses mosaïques, qui étaient ensuite exécutées par des mosaïstes considérés comme des techniciens dont le grand public ignore le nom. Il me parait donc intéressant de signaler ici que les œuvres de Chagall furent la plupart du temps réalisées par Luigi Guardigli ou Lino Melano. Toutefois, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé concernant la mosaïque de Sainte Roseline. Si quelqu’un en sait plus que moi, qu’il ou elle n’hésite pas à m’éclairer ! Personnellement, j’ai un petit regret : c’est que la mosaïque n’ait pas été exposée dans un lieu plus grand ou plus haut, à une plus grand distance de nous. Les tesselles sont en effet très grosses et lorsque l’on observe l’œuvre de si près, on peut y trouver un manque de finesse. Mais l’ensemble est tout de même remarquable.

A noter aussi : pour compléter la visite de la chapelle, on peut faire un tour au très charmant Château Sainte Roseline, de l’autre côté de l’allée, qui produit de bons vins et organise toute l’année des manifestations gastronomiques et artistiques.

 

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