Fiche technique n°1 : choix et harmonie des couleurs en mosaïque

Voici la première des « fiches techniques » de ce blog, destinées à vous donner des clefs pour créer vos propres mosaïques. Contactez-moi si vous avez des questions et/ou des suggestions, afin que nous puissions mettre nos connaissances en commun !

Une fois la mosaïque terminée, il est difficile de revenir dessus si l’on n’est pas satisfait. Il vous faudra donc bien préparer votre projet avant de vous lancer. L’un des points auxquels on doit réfléchir en amont est le choix des couleurs.

Couleurs froides et couleurs chaudes

   Il peut être bon de garder en tête la roue chromatique, basée sur les triangles des couleurs primaires (jaune, bleu cyan, rouge magenta) et secondaires (orange, vert, violet) pour apprendre à associer judicieusement les couleurs. On distingue les couleurs froides (vert, bleu, violet) des couleurs chaudes (jaune, rouge, orange). Les couleurs froides sont synonymes de calme, de fraîcheur ; elles procurent un sentiment d’apaisement. Au contraire, les couleurs chaudes sont synonymes de vitalité, de chaleur ; elles sont énergisantes.

En jouant avec les associations de couleurs, on peut produire divers effets :

– les couleurs se trouvant diamétralement opposées sur la roue chromatique sont dites « harmoniques », car elles se valorisent réciproquement. Ce sont des couleurs complémentaires. Ainsi le rouge est-il complémentaire du vert, le jaune du violet, l’orange du bleu. La roue étant construite sur des triangles, il peut être plus agréable à l’œil d’utiliser trois couleurs : on peut donc créer une harmonie à trois couleurs en alternant deux couleurs froides et une chaude, ou l’inverse.

– on peut aussi faire un ton sur ton, en utilisant la même teinte, mais plus ou moins claire : on joue alors sur la valeur. Une mosaïque pourra ainsi avoir trois teintes (ex : jaune, orange, violet), mais on aura dégradé ces trois teintes en de multiples valeurs pour enrichir l’ensemble.

– le camaïeu, quant à lui, permet de jouer sur les teintes voisines.

Le motif et la quantité

Il faut aussi penser à la proportion des couleurs sur l’ensemble de la mosaïque. Imaginons une mosaïque avec une grande part de bleu clair (donc froide), mais avec une petite touche de rouge vif. Le rouge, couleur chaude, occuperait une part très réduite par rapport à la couleur froide dominante et il agirait donc comme un stimulant. Les couleurs n’agissent pas seules : pensez-les toujours les unes par rapport aux autres !

Si vous avez un motif à mettre en avant, vous pouvez jouer sur les valeurs (clair / foncé) pour le séparer du fond. Et une fois de plus, rappelez-vous que les couleurs s’influençant les unes les autres (ou influençant votre perception !), un blanc pas très blanc paraîtra plus blanc à côté d’un noir ! On obtiendra par ailleurs des effets de recul avec des couleurs froides comme le vert ou le violet, par contraste avec des couleurs comme le jaune ou l’orange.

La couleur du joint 

En plus de la couleur des tesselles (éléments que l’on assemble pour former une mosaïque), le mosaïste doit aussi choisir la couleur du ciment, qui constituera le joint entre les tesselles.

Le choix du blanc est délicat, car le blanc a tendance à séparer, à éclater les couleurs. Il attire l’œil sur le joint lui-même. A moins de désirer un effet particulier, mieux vaut éviter de l’utiliser pour le joint, qui est là pour lier les couleurs des tesselles. Ainsi préfèrera-t-on, pour rendre un joint plus discret, prendre une couleur déjà présente par-ci par-là dans la mosaïque, et, si possible, une couleur complémentaire d’une couleur très présente. Attention, toutefois, à ne pas faire disparaître un motif en entourant, par exemple, des tesselles rouges, par un joint du même rouge ! Encore une fois, pensez à jouer sur les valeurs !

Un choix plus simple consiste à utiliser un joint de couleur naturelle (ocres rouges, jaunes… = tons terre, pierre…), car ils s’accordent facilement avec toutes les couleurs (voir le dragon ci-dessus).

Enfin, alors qu’un ciment sombre mettra en valeur des tesselles de couleurs vives, l’inverse (soit un joint vif avec des tesselles sombres, soit un joint sombre avec des tesselles pâles) mettra l’accent sur le joint lui-même. Cela peut être intéressant si l’on souhaite faire remarquer le dessin du joint !

Attention aux connotations !

Si vous êtes tenté par le rouge et le vert, qui sont complémentaires, pensez que cela pourrait tourner à la « mosaïque de Noël » ! Prenez donc par exemple un rouge tirant sur le bordeaux et un vert pâle pour éviter toute surprise désagréable.

De la même manière, l’association de couleurs vives avec un joint noir peut rappeler le vitrail et ainsi ne pas convenir à certains projets.

Après cette lecture, à vous de vous lancer ! Surtout, n’hésitez à faire de nombreux dessins et coloriages avant de vous mettre à tailler vos tesselles !

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