Mozaïque Magazine n°6

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Plus que quelques jours à patienter ! Dans une semaine exactement, vous pourrez vous prélasser au soleil (si si, il faut y croire !), en vous instruisant sur les dernières trouvailles des mosaïstes de la planète entière… Jeudi 6 mai, sortira en effet le numéro 6 de la désormais célèbre revue Mosaïque Magazine.

Vous pouvez d’ores et déjà commander ce numéro par mail (mosaique.magazine@orange.fr) ou bien encore en envoyant par la Poste un bon de commande disponible sur ce site : http://www.mosaiquemagazine.eu. Il est d’ailleurs également possible d’y commander les anciens numéros et de s’abonner pour ceux à venir.

Bonne lecture à tous !

Le cinéma parisien « Le Louxor » se refait une beauté !

affiche-réouverture-Louxor Le mythique cinéma parisien Le Louxor est enfin sorti de longs mois de travaux, pour retrouver son panache d’antan !

Malgré l’inscription de la façade et des toitures aux monuments historiques en 1981,  la célèbre salle avait été transformée en boîte de nuit puis fermée et abandonnée à tous types d’affichage et graffiti ; seul le haut du bâtiment était encore visible.

Ce bijou architectural du quartier de Barbès avait été conçu en 1921 par l’architecte André Zipcy, dans un style néo-égyptien : il offrait aux yeux des spectateurs et passants des décors animaliers, des fresques de pharaons, des hiéroglyphes fantaisistes ou encore des mosaïques florales. Les mosaïques de la façade (puisque c’est ce qui nous intéresse particulièrement ici !) avaient été dessinées par le décorateur Amédée Tiberti, puis réalisées par la fabrique de céramiques Gentil & Bourdet, implantée à Billancourt et très réputée dans les années 1920-1930. On y trouvait des fleurs, mais aussi des esclaves en pagnes, des scarabées, des cobras… en noir, or et bleu cobalt. Un fait intéressant dans ce phénomène d’égyptomanie, c’est que bien que la reproduction des décors égyptiens soit fidèle, elle est tout de même revue par le style art déco : l’architecte s’est réapproprié l’art égyptien ancien en y ajoutant la touche de l’époque. Par exemple, au Louxor, on trouve des mosaïques à l’extérieur, qui reprennent, certes, des motifs égyptisants, mais les égyptiens utilisaient peu la mosaïque ! En fait, Le Louxor n’était pas le premier cinéma de style égyptien au monde : il existait déjà, par exemple, l’Egyptian Hall en Angleterre, mais Le Louxor a déclenché une mode égyptisante dans les salles de cinéma, qui perdure encore de nos jours.

En 2001, des associations de quartier se sont mobilisées pour sauver ce patrimoine de la ruine. Deux ans plus tard, la ville de Paris achetait le bâtiment et en 2008, l’architecte Philippe Pumain était désigné pour engager une vaste réhabilitation, qui allait durer trois ans. L’ambitieux chantier aura coûté 29 millions d’euros.

L’étude des documents d’archive a permis à une équipe de onze personnes de reconstituer, au pochoir ou à la main, les décors égscarabée-frise-bd-Chapelleyptisants qui avaient disparu. Quant aux mosaïques, c’est la société SOCRA qui s’est chargée de la restauration. Comme pour beaucoup de chantiers de ce type, les mosaïstes ont utilisé la technique inversée. Ainsi, sur cette photo, les couleurs sont-elles inversées : une fois à l’endroit, les tesselles noires sont dorées et les yeux, blancs sur l’images, sont maintenant noirs sur la façade.

Le cinéma comprend désormais trois salles de projection : la grande salle (réduite), porte aujourd’hui le nom de salle Youssef Chahine, en hommage au réalisateur égyptien décédé en 2008, et deux nouvelles salles plus petites ont fait leur apparition, creusées sous l’ancienne. La plus petite salle rappelle les tombeaux de la Vallées des Rois, avec sa voûte en anse de panier et ses couleurs sombres. La salle moyenne évoque quant à elle la salle à colonnades et son plafond bleu égyptien reproduit ceux que l’on peut retrouver dans de nombreux tombeaux égyptiens. A cela s’ajoutent un espace d’exposition et un café.

LE LOUXOR

Selon Christophe Girard, adjoint chargé de la culture, le cinéma Le Louxor sera un lieu ouvert « (…) aux cinématographies du Sud, de l’Amérique Latine jusqu’en Inde en passant par l’Afrique et le bassin méditerranéen ». L’architecte de la rénovation Philippe Pumain espère, lui, que «les spectateurs viendront à la fois voir des films et l’édifice lui-même». Allons plus loin : souhaitons à ce lieu extraordinaire qu’il redevienne un incontournable de la capitale !

Louxor-1921

Pour en savoir plus :

– un excellent article sur les mosaïques du Louxor : http://www.lesamisdulouxor.fr/2011/06/les-mosaiques-egyptisantes-du-louxor/

– un entretien avec les restaurateurs des mosaïques du Louxor : http://www.lesamisdulouxor.fr/2012/02/les-mosaiques-du-louxor/

– un diaporama retraçant l’évolution du cinéma Le Louxor : http://www.paris.fr/politiques/paris-et-le-cinema/cinemas-parisiens/le-louxor-renaissance-d-un-immense-cinema/rub_8359_stand_83020_port_19412

– site de la SOCRA (entreprise de restauration) : http://www.socra.fr/home