Exposition : Aubry et Galli à Paris

Les mosaïstes Giovanna Galli et Henry-Noël Aubry exposeront bientôt de petits formats à la Galerie des 3F, dans le 18e arrondissement de Paris (plus exactement, au 58 rue des Trois Frères, au pied de la Butte Montmartre, à deux pas de la station de métro « Abbesses »).

Du 10 au 16 mars, leurs mosaïques seront visibles tous les jours, de 11h à 22h, et vous aurez droit à deux vernissages, les 11 et 12 mars à 18h, pour aller à leur rencontre.

Pour plus d’infos : 06 74 49 21 98 / 06 61 13 25 74.

« Entwined Histories » de Gary Drostle

Gary-Drostle-devant-entwined-histories Il y a un peu plus d’un an, Gary Drostle installait sa superbe mosaïque, « Entwined Histories », à Bow Common (Geoff Cade Way), dans l’est de Londres. Réalisée sur un support de polystyrène avec des céramiques de Winckelmans et des smalts en or d’Orsoni, la sculpture de trois mètres de hauteur domine le site où se trouvait autrefois la fabrique de cordes des docks de Londres.

L’œuvre a en effet été commanditée par Poplar Harca, une association qui construit et rénove des logements pour les louer à des prix très raisonnables, participant ainsi au mouvement de community development qui vise à diminuer la pauvreté et les inégalités en tentant de rendre plus fortes les collectivités locales. L’idée de l’oeuvre de Gary Drostle était de rendre hommage à la communauté de l’East End, où les industries liées à la mer se sont longtemps développées. La fabrique de cordes ayant été une industrie florissante jusqu’au milieu de XXe siècle (les quais ont été de moins en moins utilisés ensuite jusqu’à être finalement fermés en 1980) et le quartier ayant abrité ses ouvriers, le thème s’est naturellement imposé.

La mosaïque représente une corde torsadée, dont chacun des brins correspond à une communauté d’immigrants parmi celles qui se sont installées dans l’East End au fil des siècles, attirées par le travail sur les docks. L’artiste s’est inspiré de motifs célèbres de l’industrie textile de l’East End (où les femmes de ces immigrants trouvaient souvent du travail), qui rappellent les différentes origines des habitants : le lin des irlandais, la dentelle des français huguenots, le damassé islamique, mais aussi des motifs liés aux traditions des juifs ashkénazes et de certains peuples d’Europe de l’est, d’Asie et d’Afrique. Gary-Drostle-détail

Mais Gary Drostle voulait, tout en contemplant ainsi le passé, se tourner aussi vers l’avenir. Il a donc associé à son projet les jeunes de l’école du quartier, St Paul’s Way School. La sculpture de brins de cordes entrelacés (eux-mêmes décorés de mosaïque, qui n’est autre qu’un art rassemblant des éléments divers pour former un tout uni et cohérent) montre ainsi aux jeunes générations l’importance de tisser des liens avec autrui, la solidité qui peut s’en dégager. Elle donne aux habitants du quartier une nouvelle image de leur communauté, où chacun sort plus fort et plus beau de cette union avec l’autre.

Gary Drostle a été récompensé lors de la dernière conférence annuelle de la SAMA, aux Etats-Unis, en recevant le prix « Best in Show ».

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Souvenirs de Barcelone

BarceloneLe ciel a beau être bleu par chez moi aujourd’hui, l’hiver est bien là. Entre les réjouissances de Noël et l’arrivée du printemps, on a tendance à garder la tête dans le guidon du boulot, en oubliant de respirer, même si l’air est un peu frisquet. Avec une pensée particulière pour les malchanceux qui vivent ce début d’année sous un ciel bas et humide, je prends quelques minutes pour me remémorer et partager avec vous une semaine estivale à Barcelone, pleine de surprises mosaïstiques. Comme vous pouvez vous en douter, mes visites ont tourné autour de l’artiste Antoni Gaudí ! Rappelons d’abord qui était Antoni Gaudí…

Architecte et designer originaire de Catalogne, Antoni Gaudí jouit d’une notoriété incomparable au niveau international. Né en 1852, il fut la plus grande figure de l’Art Nouveau catalan, mouvement artistique du tournant du XXe siècle, né en réaction à l’ère de l’industrialisation. Il eut comme principaux clients l’Eglise et la bourgeoisie de Barcelone, où il s’installa très tôt et dont l’architecture fut marquée durablement par son travail : sept des œuvres de Gaudí ont ainsi été classées au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1984.

De son vivant, son œuvre fut parfois controversée en raison de son originalité, de son audace. Pour lui, l’architecture était un art total : accordant le plus grand intérêt au moindre détail, il travaillait en étroite collaboration avec nombre d’artisans afin de mettre en valeur toutes sortes de matériaux. Le fer forgé acquit avec lui ses lettres de noblesse, ainsi que le vitrail, la céramique, etc. Le mobilier faisait désormais partie du bâtiment et ses formes épousaient celles des pièces dans lesquels il était intégré. Les rampes d’escaliers devenaient ergonomiques ; tout était pensé pour que le lieu soit à la fois esthétique et pratique au quotidien.

Ce qui frappe dans l’œuvre de Gaudí, c’est son aspect organique. On trouve donc toutes sortes de motifs inspirés de la nature, notamment autour de thèmes marins, mais aussi de nombreuses courbes (trait caractéristique de l’Art Nouveau), un travail torsadé du fer forgé, une taille arrondie des pierres… Par ailleurs, l’utilisation récurrente de la mosaïque, souvent en trencadis (en catalan : cassures, éclats, autre terme pour désigner la technique du picassiette), apporte une nouvelle dimension, celle de la couleur, grande oubliée de l’architecture de l’époque.

En 1926, Antoni Gaudí mourut à Barcelone, des suites de ses blessures après avoir été renversé par un tramway. Travaillant d’arrache-pied à son immense projet de la Sagrada Familia, il vivait en ermite dans son œuvre en construction. A la suite de l’accident, son allure de vagabond fit que personne ne le reconnut et il fut donc transporté trop tard à l’hôpital pour être sauvé. Il avait 74 ans.

Voici des images rapportées de quelques-uns de ces lieux magiques qu’il nous a laissés. Dans l’ordre, vous pourrez admirer les mosaïques de la Casa Batllo, du parc Guëll, du Palau Guëll, puis de la Sagrada Familia :

J’ajoute aux oeuvres de Gaudí quelques clichés de l’extérieur du Palau de la Música Catalana (Palais de la Musique Catalane), créé par l’architecte barcelonais Lluís Domènech i Montaner. Le Palau, lui aussi riche en mosaïques, constitue son œuvre la plus aboutie et il reçut en 1909 le prix de la Mairie de Barcelone.