Interview : la céramiste-mosaïste sud-africaine Jane DuRand

 

mur extérieur de Elangeni

Jane DuRand, céramiste et mosaïste, vient d’emménager en Australie, laissant derrière elle des années de création en Afrique du Sud, à Bellair, dans la banlieue de Durban. C’est l’occasion de la mettre en lumière, grâce un entretien épistolaire auquel elle a très gentiment accepté de se soumettre…

Comment as-tu découvert l’art de la mosaïque ?

Complètement par hasard ! Je suivais un cours de céramique pendant mes études d’architecture à l’université, et comme il arrivait souvent que mes pièces se fissurent ou éclatent dans le four, j’ai commencé à les assembler en mosaïques. 

Quand as-tu créé ta première mosaïque ? A quoi ressemblait-elle ?

J’ai réalisé ma première « vraie » mosaïque sur le sol d’une piscine (d’environ 4m x 2m) pour un collègue architecte. C’était en 1995, l’année de mon diplôme d’architecture. Je travaillais dans un cabinet d’architectes et mon travail ne me plaisait pas beaucoup. Quand j’ai entendu dire qu’un ami architecte cherchait quelqu’un pour décorer sa piscine de mosaïque, j’ai dit que j’allais le faire sans vraiment savoir comment j’allais m’y prendre. Mais je l’ai fait, c’était superbe, et cela m’a menée à beaucoup d’autres projets.

As-tu étudié l’art de la céramique avant de te mettre à la mosaïque ? Où as-tu appris ?

J’ai étudié l’architecture à l’université, puis j’ai obtenu mon diplôme et je me suis lancée en tant qu’architecte. C’étaient des études fantastiques, qui m’ont été d’une grande aide dans tous mes projets.

Avant de suivre des cours d’architecture, j’avais étudié les beaux-arts pendant un an à la Michaelis School of Fine Art de l’université de Cape Town, et j’avais tellement aimé étudier la céramique que j’ai continué à assister à des cours de céramique le soir pendant mes études d’architecture. Mais la majeure partie de ce que je sais en mosaïque/céramique vient simplement de mes essais au fil des années et de mes nombreuses erreurs !

sol du bâtiment K-Rith, à l’école de médecine de UKZN

As-tu toujours inclus des tesselles de céramique que tu avais créées toi-même dans tes mosaïques ?

Oui, j’ai presque toujours utilisé mes propres morceaux de céramique.

Où puises-tu ton inspiration ?

La plupart du temps, les projets de mosaïque que je mène sont fixés à un mur ou sur un sol dans un décor particulier. J’essaie généralement de tirer mon inspiration du site et de ses environs. J’adore les formes végétales, les oiseaux et les animaux qui ont un lien avec le lieu où mon travail vivra.

Tu as réalisé plusieurs mosaïques destinées à des lieux publics : l’art de la mosaïque est-il populaire en Afrique du Sud ? Est-il facile de faire accepter tes idées ? Te sens-tu encouragée ?

Je ne dirais pas que l’art de la mosaïque est plus « populaire » dans un endroit que dans un autre. C’est juste un moyen d’expression pratique et utile pour créer de l’art dans des espaces publics car il est durable et à la portée de tous. Je ne pense que la situation en Afrique du Sud soit très différente de celle des autres pays, à part que les budgets sont un peu plus faibles ! Je me suis installée en Australie en début d’année et je travaille en ce moment sur un grand projet d’art public pour la ville de Melbourne. La façon dont le projet est mené et l’enthousiasme des clients ne sont pas si différents de ce que j’ai vécu en Afrique du Sud ; la plus grande différence réside dans le fait qu’ici, il y a plus d’argent disponible pour les projets artistiques.

Communiques-tu ou travailles-tu avec d’autres mosaïstes ou artistes sud-africains ? Si ce n’est pas le cas, est-ce que cela t’intéresserait ?

J’ai toujours partagé mes idées avec d’autres artistes et j’aime collaborer à des projets dans la mesure du possible, mais peu de gens font exactement le même genre de travail que moi en Afrique du Sud. Par contre, j’ai donné pas mal de formations et de conseils quand je vivais et travaillais en Afrique du Sud. J’espère qu’il y a maintenant des gens qui continueront à réaliser de beaux projets sans moi.

Pourrais-tu présenter l’une de tes mosaïques ? Quand l’as-tu réalisée ? Comment l’idée t’est-elle venue ? Dans quelles circonstances l’as-tu créée ? Pourquoi est-elle si spéciale à tes yeux ?

Voici quelques photos d’un projet que j’ai beaucoup aimé. C’est une mosaïque située derrière un comptoir de réception d’un yacht de croisière de la compagnie Uniworld, en France. Le bateau s’appelle le « River Catherine ». J’ai vraiment aimé la façon dont la céramique et la mosaïque se mariaient parfaitement dans ce projet.

 

Tu diriges des ateliers de mosaïque : pourrais-tu nous donner quelques détails ?

Pour l’instant, étant donné que je ne suis en Australie que depuis 3-4 mois et que mon atelier ici est tout neuf, je n’ai pas encore prévu de donner des cours, mais j’en animerai très certainement l’année prochaine, une fois que je serai mieux installée.

N’oubliez donc pas d’aller faire un tour sur son site et/ou sa page Facebook pour suivre ses projets, toujours plus passionnants. Jane, merci encore ! Je te souhaite une bonne installation et de belles rencontres sur ce nouveau continent !

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