De la moz dans Télérama !

Ca y est, chers amis mosaïstes, l’heure de la gloire a sonné !!! A la lecture d’un article publié il y a quelques semaines au sujet de la reconversion d’une piscine en médiathèque dans la petite ville de Saint-Maixent-l’Ecole (79), j’ai senti un vague sentiment d’injustice et, disons-le carrément, de révolte m’envahir…

piscine-saint-maixentIl y était en effet question de l’architecte Bernard Desmoulin et de sa belle idée d’utiliser le béton pour moderniser le lieu -lieu qui a pour particularité d’avoir abrité une piscine avec pour décor une magistrale mosaïque représentant une scène antique. Les nageurs ont ainsi pu, pendant des années, se motiver en admirant cette oeuvre qui a, fort heureusement, été conservée par Desmoulin lors de la transformation du lieu en médiathèque.

Seulement voilà : dans l’article en question (je n’ai, à mon grand regret, pas eu l’idée de le conserver lors de sa parution et je ne parviens pas à le retrouver sur le net, sorry…), l’on comprend que la mosaïque a probablement inspiré l’architecte car elle est clairement mise en valeur, mais aucun commentaire n’est fait sur sa réalisation (ou restauration ?), son origine, son ou ses auteur(s), etc. J’ai donc saisi ma plus belle plume (enfin, mon plus beau clavier !) pour crier gentiment à ce cher Télérama toute mon indignation. Et voilà-t-y pas que mon mail vient d’être publié dans le Courrier des Lecteurs du dernier numéro ! Chers mosaïstes, je vous le dis, ceci est le début de la fin de l’ignorance du monde face à notre Art !

telerama-2016-courrier-des-lecteurs

Plus sérieusement, ce n’est pas la première fois que je réagis ainsi : j’ai déjà écrit plusieurs fois à la suite d’émissions de radio et mes mails sont restés sans réponse. Je remercie donc Télérama et, qui sait, peut-être ce message donnera-t-il des idées…

Les difficultés d’une artiste

créateurAriane Mariane, créatrice textile allemande installée en France, écrivait il y a trois ans un article tristement toujours d’actualité. Elle y explique le temps passé, la fatigue accumulée et l’argent dépensé par l’artiste pour créer et promouvoir son oeuvre. Elle nous rappelle que le prix d’une création originale ne peut égaler celui d’un produit fait à la machine et à la chaîne.

Beaucoup d’artistes qui se lancent déchantent vite lorsqu’ils découvrent toutes les tracasseries administratives qui les attendent ou encore l’incompréhension du public face au prix de leurs oeuvres uniques. Faisons donc tous preuve de pédagogie et expliquons, toujours et encore, que toute création a un coût et que, derrière toute oeuvre d’art, il y a la vie de l’artiste.

Merci, Ariane Mariane, pour cet éclairage. Un petit coup de pub pour cette belle artiste : voici les adresses de son blog et de son site. Bonne navigation !

Fernand Léger à Toulouse (31), France

Musée des Abattoirs, ToulouseDe passage à Toulouse pour les fêtes de fin d’année, j’en ai profité pour faire un tour au Musée des Abattoirs, qui proposait, entre autres choses, une expo d’une trentaine d’oeuvres de Picasso. Mais quelle ne fut pas ma surprise, lorsque, dans la cour du musée, je découvris de grandes mosaïques tirées de tableaux de Fernand Léger !

Présentons d’abord le lieu. Le musée tire son nom de son ancienne fonction : ce beau bâtiment de brique rouge, dessiné d’après les plans de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse, abrita les bêtes destinées à la consommation de 1832 à 1988. Presque dix ans plus tard, des travaux de rénovation commençaient pour transformer le lieu en espace d’exposition de collections d’art moderne et contemporain, et en 2000, le musée ouvrit ses portes.

En 2005, eut lieu l’exposition « Léger Monumental », à la suite de laquelle les quelques oeuvres en mosaïque réalisées par l’atelier Heidi Melano entre 1984 et 1993, et situées aujourd’hui à l’extérieur du musée, y restèrent en dépôt. Le visiteur un peu curieux peut donc en profiter en prenant le soleil…

Bref, une belle découverte ! Si vous passez par Toulouse, surtout ne manquez pas de faire un petit détour par les Abattoirs !

Petit tour par Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille (13), France

Voilà bien longtemps que je n’avais pas gravi la côte jusqu’à cette chère « Bonne Mère », alors j’y suis retournée il y a peu pour admirer (enfin !) le résultat de sept longues années de restauration. Et ce fut une belle découverte !

Notre-Dame-de-la-Garde se dresse sur la colline du même nom et domine la ville de Marseille, dont elle est devenue le symbole. Considérée comme la gardienne des marins et des pêcheurs, elle est même le lieu le plus visité de la cité phocéenne. Mais de 2001 à 2008, la basilique a subi des travaux de remise en état, tout d’abord à l’extérieur en raison des effets désastreux de la corrosion atmosphérique (rappelons que le monument se trouve à deux petits kilomètres du bord de mer à vol d’oiseau), notamment sur le marbre vert des Alpes, mais aussi à l’intérieur, avec ses remarquables mosaïques, noircies par la fumée des cierges et endommagées par des impacts de balles et des éclats d’obus lors de la Libération en août 1944.

Les travaux de restauration ont donc été confiés à un mosaïste du cru : Michel Patrizio. De génération en génération, les Patrizio se sont transmis le savoir-faire des mosaïstes du Frioul et emploient aujourd’hui des mosaïstes issus de l’école de Spilimbergo, en Italie. Spécialisés dans la restauration, ils ont oeuvré à la remise en état de monuments tels que la Basilique du Rosaire à Lourdes, l’Eglise Sainte Thérèse à Rennes, ou encore le musée des Beaux-Arts de Nice.

Après la guerre, les trous laissés par les tesselles manquantes dans les mosaïques de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde avaient été comblés par du plâtre recouvert de peinture ! Pour remplacer les tesselles d’origine, Patrizio s’est donc procuré les matériaux nécessaires à Venise, chez Orsoni. La partie la plus abîmée était la coupole la plus proche du chœur : toutes les mosaïques d’or ont dû être changées ! Enfin, certaines parties de mosaïques menaçant de se décoller ont été consolidées par des injections de résine.

Voici, en prime, un lien vers une vidéo réalisée par le diocèse de Marseille, à l’image, certes, pas d’une grande qualité, mais avec un commentaire fort intéressant du Père Levet, qui décrit et analyse les mosaïques de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

« Ravenna », poème de Louis MacNiece

What do I remember of my visit to Ravenna ? Firstly,Sant' Apollinare in Classe

That I had come from Venice where I had come from Greece

So that my eyes seemed dim and the world flat. Secondly,

That after Tintoretto’s illusory depth and light

The mosaics knocked me flat. There they stood. The geese

Had hissed as they pecked the corn from Theodora’s groin,

Yet here she stands on the wall of San Vitale, as bright

As life and a long shot taller, self-made empress,

Who patronized the monophysites and the Greens

And could have people impaled. There was also and thirdly the longSant' Appollinare in Classe

Lost naval port of Caesar, surviving now in the name

In Classe : the sea today is behind the scenes

Like his Liburnian galleys. What went wrong

With Byzanthium as with Rome went slowly, their fame

Sunk in malarial marsh. The flat lands now

Are ruled by a sugar refinery and a church

Sant’ Apollinare in Classe. What do I remember of Ravenna ?

A bad smell mixed with glory, and the cold

Eyes that belie the tessellated gold.

Louis MacNiece (Belfast, 1907 – Londre, 1963),

in The Burning Perch (1963).