Ma bibliographie mosaïstique : suggestions de lecture

Difficile de choisir le bon bouquin quand on s’attaque à la mosaïque… Evidemment, si l’on veut se contenter de casser quelques assiettes, on trouvera toutes sortes d’ouvrages au rayon « activités manuelles » de n’importe quelle librairie. Mais lorsqu’il s’agit d’en savoir plus sur l’histoire de la mosaïque, les techniques de mosaïque dans l’Antiquité ou bien les grands noms de la mosaïque contemporaine, ça devient un peu plus compliqué !

Alors voici quelques petites suggestions de lecture pour les amateurs, extraites de ma modeste bibliothèque. Cette liste n’est évidemment en rien exhaustive, et vos remarques et idées seront toujours les bienvenues !

couverture L'art de la mosaiqueL’art de la mosaïque, Caroline Sutter & Celia Gregory, 35 euros.

Si l’on s’en tient au côté décoratif de la mosaïque, ce livre propose de bonnes idées aux moins inspirés, accompagnées de conseils techniques. Toutes sortes de matériaux sont utilisés, du marbre aux smalts, en passant par la céramique, les galets, les matériaux de récupération, etc., et l’on voit tout ce qu’il est possible de faire avec la mosaïque en matière de déco. Les puristes crieront donc au scandale, car il n’y a là, certes, rien de ravennate, mais les débutants désireux de réaliser de beaux objets originaux y trouveront de précieux conseils.

couverture Techniques de la mosaiqueTechniques de la mosaïque, Emma Biggs, 26 euros.

Plus technique que le précédent, mais dans la même veine pour ce qui est du type de réalisations, le livre d’Emma Biggs explique les bases de la mosaïque : poses directe et indirecte, les opus, les erreurs fréquentes (très utile pour le débutant !), la coupe à la pince… Un bon ouvrage à feuilleter avant de se lancer dans sa première création.

couverture La mosaïque de la copie à l'interprétationLa mosaïque …de la copie à l’interprétation…, Evelina Della Vedova, 28 euros.

Manuel technico-didactique de l’Ecole des Mosaïstes du Frioul, à Spilimpergo (Italie), ce livre n’est pas facile à trouver dans sa version française. Le mieux est de le commander directement auprès de l’Ecole des Mosaïstes du Frioul (voir lien ci-dessus)… ou de bien lire l’italien !

Contrairement aux précédents, il se concentre exclusivement sur la mosaïque contemporaine de pierre et de verre, taillés à la marteline. Les conseils techniques sont plus riches, mais il peut être bon de se former auprès d’un maître plutôt que de se contenter d’un tel ouvrage ! En revanche, après une formation, il vous aidera à vous rappeler certains détails et vous aidera à répondre aux questionnements survenant une fois votre stage terminé ! En prime : un glossaire de « l’étrange langage du mosaïste » !

couverture La mosaiqueLa mosaïque selon la technique de Ravenne – Historique, matériaux et techniques, Giovanna Galli, 14,90 euros.

Tout est dit dans le titre ! Manuel synthétique qui explique les bases. Après une définition de ce qu’est, pour elle, l’art de la mosaïque, Giovanna Galli retrace l’historique de la mosaïque, de l’Antiquité à nos jours. Puis elle donne des indications sur les outils, les matériaux, ainsi que des exemples de réalisations en pas à pas. Enfin, on trouvera des conseils très utiles sur la conservation, l’entretien et le transport des œuvres.

couverture Mosaïques grecques et romainesMosaïques grecques et romaines, Umberto Pappalardo & Rosaria Ciardiello, 99 euros.

Un peu plus onéreux, certes, mais ce livre fait partie de la magnifique collection de livres d’art de Citadelles & Mazenod. Les mosaïques grecques et romaines sont présentées ici comme le témoignage d’une époque, les peintures ayant été conservées bien plus difficilement. Les auteurs rappellent donc brièvement les origines de l’art de la mosaïque et de son appellation, et les techniques d’exécution ainsi que l’évolution de ces techniques au fil du temps, avant de faire un tour des lieux où l’on peut admirer les plus belles mosaïques antiques. Cet ouvrage aux illustrations de très grande qualité (et en grand format !) est intéressant à bien des égards, mais plus particulièrement d’un point de vue culturel plutôt que technique.

couverture Manuel de mosaïque contemporaineManuel de mosaïque contemporaine, Clément Mitéran, 25 euros.

Pour moi, ce livre est celui d’un mosaïste d’une grande générosité, qui semble avoir à cœur de faire découvrir son art sans craindre qu’on lui « pique » ses trucs et astuces ! Au travers des œuvres de quatorze mosaïstes contemporains, tous issus de la prestigieuse Ecole des Mosaïstes du Frioul à Spilimbergo, il nous initie aux outils et matériaux, mais surtout il offre un éclairage supplémentaire sur certains points techniques comme le travail de la couleur en mosaïque (thème que l’on retrouve rarement de manière aussi approfondie dans les autres ouvrages), les andamenti, etc.

Pour se le procurer, il faut s’adresser directement à l’Atelier Mosaicozette (11 bis rue Guillaume Bigourdan, 91320 Wissous), en ajoutant au prix du livre 3,50 euros de livraison, le tout à l’ordre de Clément Mitéran. Sinon, le Manuel de mosaïque contemporaine est désormais disponible dans d’autres lieux, dont vous trouverez les noms et adresses sur le lien ci-dessus.

couverture Gérard BrandGérard Brand, Une vie en mosaïque, Albert Strickler, 26 euros.

« Livre mosaïque », comme l’auteur le qualifie lui-même, cet ouvrage est empreint d’une grande sensibilité, comme le sujet dont il traite. L’art si singulier de Gérard Brand séduit ou non, mais ce qui est certain, c’est qu’il ne laisse pas indifférent. Tout comme le bonhomme, d’ailleurs. Ce livre est donc l’occasion de se plonger dans son univers, en le feuilletant dans le sens que l’on voudra, en piochant ça et là, au gré des envies, pour s’approprier l’ensemble petit bout par petit bout, comme les délicates tesselles de l’œuvre du « passeur de lumière ».

Bonne lecture à tous !

Surprise au « London Transport Museum »

Hans Unger - London BusFin 2014. Petit séjour à Londres avec, au programme, la visite du London Transport Museum. C’est un musée fort sympathique, aussi bien fait (comme beaucoup de musées britanniques) pour les petits que pour les grands, sur l’histoire des transports de la capitale anglaise. Il est situé dans un des angles de la place de l’ancien marché de Covent Garden. Le bâtiment, superbe, est d’ailleurs celui de l’ancien coin des marchands de fleurs.

On y trouve donc, entre autres choses, tout un tas d’affiches et quelques œuvres d’art liées aux transports londoniens, et c’est ainsi que j’ai fait la découverte d’une étonnante mosaïque réalisée en 1970 par Hans Unger et Eberhard Schulze. Bizarrement, un poster de la même taille a été placé dans la vitrine, juste devant la mosaïque : on est donc forcé de regarder le poster représentant la mosaïque alors que l’œuvre originale se trouve juste derrière ! C’est un peu frustrant, mais en se plaçant de côté, les plus curieux peuvent en apercevoir une bonne partie !

Unger-Eber-Christ-on-the-Cross

église de St Jude, à Wigan

Hans Unger était dessinateur et travaillait principalement pour le monde de la publicité. Juif, il avait quitté l’Allemagne dès 1936. Il était d’abord parti pour l’Afrique du Sud, puis avait été fait prisonnier par les Allemands et emmené en Italie. Evadé, il avait parcouru le sud de l’Europe et était retourné brièvement en Afrique du Sud avant de s’installer définitivement à Londres et d’acquérir la nationalité anglaise. Là, il fonda son propre studio et dessina des affiches pour diverses entreprises, dont London Transport.

Hans Unger - GuardSon intérêt pour la mosaïque le poussa à étudier les techniques anciennes à Ravenne, Florence et Venise et à partir des années 1960, il créa plusieurs œuvres en compagnie de son compagnon, artiste mosaïste, Eberhard Schulze, notamment pour des églises ou la mairie de Lewisham, au sud-est de Londres.

En 1975, Hans Unger se suicida. Eberhard Schulze, quant à lui, dut abandonner la mosaïque pour des raisons de santé. Il se reconvertit dans la pisciculture et quitta l’Angleterre.

Unger-Eber

Eberhard Schultze et Hans Unger (1964)

 

Visite à la Maison Picassiette

maison-Picassiette-1 Mi-octobre 2014. Rencontres Internationales de Mosaïque à Chartres. Grand ciel bleu et températures largement au-dessus des normales saisonnières. Les mosaïstes en tee-shirt peuplent les terrasses au pied de la magnifique cathédrale. Après un samedi plein de surprises et de rencontres, je profite du dimanche pour faire un saut jusqu’à la Maison Picassiette, quasi-lieu de pèlerinage des mosaïstes…

Cette petite maison, acquise par la ville de Chartres en 1981 et classée monument historique deux ans plus tard, appartenait, au début du 20e siècle, à Raymond Isidore. Balayeur au cimetière de Chartres, il avait acheté un terrain, rue du Repos, en 1929. Puis il s’était mis à collectionner des morceaux de vaisselle qu’il trouvait au cimetière ou bien dans les décharges publiques. Durant 34 ans, cet homme issu d’un milieu fort modeste, sans culture artistique, en décora sa maison, la transformant, à l’extérieur comme à l’intérieur (y compris les objets du quotidien !), en une étonnante œuvre d’art brut. Quinze tonnes de matériaux de toutes sortes recouvrent aujourd’hui murs, sols, chaises, tables, tuyaux… jusqu’à la cuisinière !

maison-Picassiette-2 maison-Picassiette-3Amoureux du bleu des vitraux de la cathédrale, Isidore fit de ce bleu la couleur dominante de son œuvre. A la fois guidé par sa foi et ses rêves nocturnes, il déclina différents thèmes : la ville de Chartres est largement représentée, avec la cathédrale (présente à plusieurs reprises) et la porte Guillaume, mais on y trouve également d’autres cathédrales, ainsi que divers symboles religieux, de nombreux animaux, et même, au milieu du jardin, la Tour Eiffel !

En 1954, Isidore, dit Picassiette (certains parlent d’un surnom dérivé de pique-assiette ; d’autres évoquent une référence à Picasso, Isidore étant pour eux le « Picasso de l’assiette »), reçut la visite de Picasso, et il fut aussi photographié par Doisneau :

Raymond-Adrienne-Doisneau-1953

Raymond et Adrienne Isidore, immortalisés par Doisneau, en 1953

 

Mort en 1964, Raymond Isidore nous laisse un témoignage émouvant. Se sentant, au travers de son métier, rejeté parmi les morts, il expliquait : « Je pense trop. Je pense, la nuit, aux autres, qui sont malheureux ; ça m’empêche quelquefois d’être heureux. Je voudrais leur expliquer. L’esprit m’a dicté ce que je devais faire pour embellir la vie. Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non : Ils n’osent pas. Moi, j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux. Je voudrais être un exemple. » Suivons donc cet exemple : osons faire, et soyons heureux !

maison-Picassiette-14

Voici une archive INA pour les plus curieux : cliquer ici. Et pour les infos pratiques (adresse, horaires, tarifs, etc.), cliquer ici.

Naissance de Mosaistreet

Le site Ars Musiva fait peau neuve : il y a peu, Mosaistreet, lancé par Véronique Juan, voyait le jour, pour le plus grand bonheur des mosaïstes français. Les vendeurs d’outils et matériaux pour la mosaïque sont en effet peu nombreux dans l’hexagone. Or, le site Mosaistreet nous offre de nouvelles possibilités, à travers ses trois volets, Mosaïstone, Mosaïstore et Mosaïsoft.

Mosaistreet

Le premier, Mosaïstone, permet de se procurer des smalts, ainsi que de la Litovi, nouveau matériau créé chez Mosaistreet. Matériau à la fois résistant, facile à tailler et à entretenir, la Litovi est déclinée en 78 couleurs. Je ne l’ai pas encore expérimentée : j’attends vos retours !

Le second, Mosaïstore, propose des outils pour la taille (martelines, tranchants) et pour la découpe (pinces, coupe-verres, etc.), ainsi que des accessoires (spatules, etc.). Avec le succès, probablement, les prix depuis Ars Musiva ont bien augmenté (pourquoi n’ai-je pas acheté davantage de martelines avant ?!), mais il faut reconnaître que le site offre une belle gamme de martelines et tranchants de qualité.

Enfin, Mosaïsoft est un logiciel qui permettra aux débutants ou hésitants de transposer leurs dessins en mosaïque et de se faire une idée de leur création avant de se lancer. Le logiciel est encore en cours de développement : à suivre sur le site de Mosaistreet…

Bon à savoir : pour ceux qui auraient prévu de se rendre à Chartres le 18 octobre (date d’ouverture des Rencontres Internationales de Mosaïque), Véronique Juan sera présente pour remettre en mains propres leur colis à ceux qui auront passé commande auparavant sur le site, les dispensant ainsi des souvent coûteux frais de port !

La mosaïque vue par Dolce et Gabbana

lunettes-Dolce-GabbanaAprès avoir créé son petit effet dans le monde de la mode à la présentation de sa collection hiver 2014, avec ses robes reproduisant de somptueuses mosaïques byzantines de la cathédrale Santa Maria Nuova de Monreale (Sicile), la marque de luxe Dolce&Gabbana met à nouveau la mosaïque sur le devant de la scène.

Cette fois, ce sont des paires de lunettes qui ont été garnies de verre de Murano. De la micro mosaïque, donc, pour reproduire une fois de plus les motifs fleuris tant aimés de Dolce et Gabbana, et réalisée avec un talent tel que l’on identifie aisément les détails des pensées, myosotis et autres fleurs. partie lunettes

La collection comprend plusieurs modèles, plus ou moins couverts de mosaïque. Bien entendu, les prix ne seront pas forcément à la portée de toutes les bourses… surtout celles des artistes mosaïstes, qui vont certainement craquer pour cet accessoire ! En attendant d’avoir assez économisé pour s’en offrir une paire, voici un petit teaser.branche lunettes