Chartres : And the Winners Are…

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Stage avec Elisabeth Ragon aux Rencontres de Chartres

Déjà deux ans depuis les dernières Rencontres Internationales de la Mosaïque à Chartres ! Que de bons moments ! Que de beaux échanges !stage Elisabeth Ragon

Celles de 2016 se préparent et Iule Amado-Fischgrund vient de nous annoncer qu’elle accueillerait Elisabeth Ragon dans son atelier d’Eure-et-Loir pour y animer un stage intitulé « Peinture, Matière et Mosaïque ».

Vous pourrez participer à ce stage pendant 3 ou 5 jours, au choix, mais attention, le nombre de places étant limité à 6 personnes, il est conseillé de s’inscrire rapidement !

Le couple, le corps, le désir… : les troublantes mosaïques d’Agnès Bethlen

Agnès Bethlen, "Nue"

Agnès Bethlen, « Nue »

Lors de ma visite aux Rencontres de Chartres 2014, je suis restée figée devant une grande mosaïque carrée : « Nue », d’Agnès Bethlen. Tons noirs, gris, blancs. Un corps de femme voluptueux, sans tête. Il y avait de très belles mosaïques dans cette exposition, mais jamais je n’avais vu de mosaïque d’une telle sensualité ! Tout à coup, le marbre devenait une matière molle, si bien que j’avais envie de toucher ces cuisses volumineuses pour vérifier qu’il s’agissait bien de pierre. Ce jour-là, j’ai ressenti un choc. Un énorme choc qui m’a fait un bien fou !

Agnès Bethlen a été assez gentille pour répondre à mon appel de modeste blogueuse et se prêter au jeu de l’interview par téléphone. Voici un résumé de notre entretien.

Ayant eu l’occasion de visiter la basilique Notre-Dame de Fourvière (à Lyon), Agnès a été sensibilisée relativement jeune à l’art de la mosaïque, mais les mosaïques de Fourvière étaient un peu trop « rococo » à son goût ! Il y a sept ans, à la suite d’un licenciement, elle s’est lancée dans une carrière artistique, pour notre plus grand bonheur. Sa première mosaïque, pour reprendre ses mots exacts, fut « immonde » ! Mais elle ajoute avec malice qu’elle aime la montrer aux débutants pour les encourager. Après deux ans de mosaïque « de loisir », elle a effectué des stages auprès de Nathalie Fieno, puis Alexandra Carron, avant de s’inscrire pour un an de formation professionnelle auprès d’Antoine de Crozé, ancien élève de Liccata, à Montreuil. Celui-ci lui a « ouvert le regard », lui a fait voir la mosaïque autrement. Puis, il y a quatre ans, elle a lancé son propre atelier, créant et animant des cours dans une chaleureuse pièce de 25 m², chez elle.A.Bethlen - détail Désir

Il ne faut pas longtemps pour se rendre compte qu’Agnès Bethlen est une femme curieuse et généreuse, qui aime le partage et qui a envie d’apprendre, d’aller plus loin. Ainsi, désormais installée dans son atelier et réalisant de très belles œuvres, elle a tout naturellement continué à se former régulièrement auprès d’autres artistes tels que Mélaine Lanoë, Marie-Laure Besson, France Hogué, Jérôme Clochard… Mais une rencontre importante pour elle a été celle de la peintre Martyne Maillard, dont elle suit les cours et avec qui elle a élaboré les cartons de ses dernières œuvres au pastel sec et à la pierre noire, une série de nus autour du thème du couple. De surcroît, Martyne Maillard est à l’origine de la « cellule » mosaïque désormais installée au sein du salon d’artistes français « Art en Capital » au Grand Palais, à Paris, dont la dernière édition a eu lieu en novembre 2014. Il y avait, la première année, six mosaïstes présents au Grand Palais ; en novembre dernier, ils étaient quatorze. Le but pour l’année prochaine est de rassembler vingt mosaïstes, mais pas seulement des français. Et puis l’école de Spilimbergo y est bien représentée, mais Agnès, qui en gère l’organisation de manière non officielle, tient à mélanger les genres, les courants de pensée.

Pour ce salon qui, à l’origine, ne proposait que de la peinture et de la sculpture, les artistes doivent présenter de grands formats. Le dossier étant à déposer très tôt dans l’année et Agnès n’ayant pas de véritable « stock », elle doit produire une grande mosaïque chaque année, ce qui génère chez elle une certaine pression ! Compte tenu des contraintes que cela représente, elle n’expose (presque) que là.

Agnès Bethlen, "Désir"

Agnès Bethlen, « Désir »

Les mosaïques qu’elle y a présentées sont les premières d’une série de corps (le nu étant pour l’instant la seule chose qui l’intéresse dans le figuratif), ou plutôt, sur ce que représente le couple pour elle. Ainsi, l’œuvre intitulée « Nue » symbolisait la féminité, la femme pulpeuse censée attirer l’homme -à l’origine du couple, donc. La deuxième œuvre, « Désir », met en scène une femme, de dos, semblant observer un homme, de dos lui aussi. Ce dos d’homme, Agnès l’a recommencé trois fois !

La suite de la série devrait être réalisée dans le même format. Agnès prévoit de s’inspirer des diverses phases de l’histoire d’un couple ; elle a donc l’intention d’évoquer les notions de protection, de complicité, de passion, et, pour terminer, de dissension (le terme exact correspondant à cette dernière œuvre restant à définir). Alors que nous en sommes à tenter de nous remettre de nos émotions face à « Désir », Agnès est déjà dans la conception de sa mosaïque sur la protection. Celle-ci devrait prendre la forme de deux corps dans une position rappelant l’idée du cocon. Mais, contrairement à ses mosaïques précédentes, elle aimerait en montrer les visages. Or, n’ayant jamais suivi de formation sur le portrait, elle se pose quelques questions… Je ne sais pas combien de fois elle démontera et remontera ses visages, mais j’ai hâte de voir le résultat !

Agnès Bethlen vit en Île-de-France, mais elle va bientôt s’installer sur Lyon. Ce déménagement et le fait qu’elle tente de constituer un fonds d’œuvres à exposer ne lui laissent pas le temps de proposer des cours actuellement. En attendant donc qu’elle nous fasse ce plaisir, courons voir ses bouleversantes mosaïques partout où elles seront exposées !

Visite à la Maison Picassiette

maison-Picassiette-1 Mi-octobre 2014. Rencontres Internationales de Mosaïque à Chartres. Grand ciel bleu et températures largement au-dessus des normales saisonnières. Les mosaïstes en tee-shirt peuplent les terrasses au pied de la magnifique cathédrale. Après un samedi plein de surprises et de rencontres, je profite du dimanche pour faire un saut jusqu’à la Maison Picassiette, quasi-lieu de pèlerinage des mosaïstes…

Cette petite maison, acquise par la ville de Chartres en 1981 et classée monument historique deux ans plus tard, appartenait, au début du 20e siècle, à Raymond Isidore. Balayeur au cimetière de Chartres, il avait acheté un terrain, rue du Repos, en 1929. Puis il s’était mis à collectionner des morceaux de vaisselle qu’il trouvait au cimetière ou bien dans les décharges publiques. Durant 34 ans, cet homme issu d’un milieu fort modeste, sans culture artistique, en décora sa maison, la transformant, à l’extérieur comme à l’intérieur (y compris les objets du quotidien !), en une étonnante œuvre d’art brut. Quinze tonnes de matériaux de toutes sortes recouvrent aujourd’hui murs, sols, chaises, tables, tuyaux… jusqu’à la cuisinière !

maison-Picassiette-2 maison-Picassiette-3Amoureux du bleu des vitraux de la cathédrale, Isidore fit de ce bleu la couleur dominante de son œuvre. A la fois guidé par sa foi et ses rêves nocturnes, il déclina différents thèmes : la ville de Chartres est largement représentée, avec la cathédrale (présente à plusieurs reprises) et la porte Guillaume, mais on y trouve également d’autres cathédrales, ainsi que divers symboles religieux, de nombreux animaux, et même, au milieu du jardin, la Tour Eiffel !

En 1954, Isidore, dit Picassiette (certains parlent d’un surnom dérivé de pique-assiette ; d’autres évoquent une référence à Picasso, Isidore étant pour eux le « Picasso de l’assiette »), reçut la visite de Picasso, et il fut aussi photographié par Doisneau :

Raymond-Adrienne-Doisneau-1953

Raymond et Adrienne Isidore, immortalisés par Doisneau, en 1953

 

Mort en 1964, Raymond Isidore nous laisse un témoignage émouvant. Se sentant, au travers de son métier, rejeté parmi les morts, il expliquait : « Je pense trop. Je pense, la nuit, aux autres, qui sont malheureux ; ça m’empêche quelquefois d’être heureux. Je voudrais leur expliquer. L’esprit m’a dicté ce que je devais faire pour embellir la vie. Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non : Ils n’osent pas. Moi, j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux. Je voudrais être un exemple. » Suivons donc cet exemple : osons faire, et soyons heureux !

maison-Picassiette-14

Voici une archive INA pour les plus curieux : cliquer ici. Et pour les infos pratiques (adresse, horaires, tarifs, etc.), cliquer ici.

Rencontres Internationales de Chartres : résultats du concours

Les Rencontres Internationales de Mosaïque de Chartres sont terminées et c’était, ma foi, un fort joli cru ! C’était la première fois que je faisais le déplacement et je n’ai pas été déçue ! Quel bonheur de pouvoir admirer certaines œuvres de près ! La mosaïque est un art de couleur, certes, mais surtout, c’est un art de la matière, et voir une mosaïque en photo n’a rien à voir avec le fait de se trouver devant une œuvre, de pouvoir s’en éloigner, coller son nez dessus, se décaler d’un côté ou de l’autre, etc. Bref, à Chartres ou ailleurs, sortez de vos chaumières et courez voir des mosaïques !

rappel droit d'auteurIl y a deux ans, lors de la dernière biennale de Chartres, j’avais publié des photos de l’exposition principale, et je m’étais fait remonter les bretelles ! Ben oui, et le droit à l’image ?? Bon, après réflexion et moult conversations à ce sujet, je me demande aujourd’hui s’il ne s’agissait pas moins de protéger les auteurs que de garantir un certain suspense en vue de la parution du catalogue édité par 3R, l’association organisatrice de l’évènement… Mais comme je suis bonne joueuse, cette année, j’ai décidé de rester sage et de ne publier que quelques images, avec l’accord des artistes. Je préciserai seulement que si vous vous rendez sur un réseau social bien connu, vous aurez accès à toutes les photos que vous voudrez !

Voici donc le palmarès de cette édition, ainsi que quelques-unes de ces mosaïques :

1er prix Professionnels : Karen Ami, « Dialogue » (Etats-Unis)

2e prix Professionnels : Ariane Blanquet, « Lune » (France)

3e prix Professionnels : Delphine Legal-Quemener, « Pierre et Patience » (France)

Professionnels – Mention Spéciale : Dugald Macinnes, « Fragile Earth » (Royaume Uni)

Prix Fulbert pour l’ensemble de son œuvre : Gérard Brand, « Le Respect » (France)

Prix Fulbert pour l’ensemble de son œuvre : Giovanna Galli, « Cosmos » (Italie)

1er prix Amateurs Initiés : Elizabeth Foucher, « Le poinçonneur des lilas » (France)

2e prix Amateurs Initiés : Annie Dunlop, « Contraste » (France)

3e prix Amateurs Initiés : Angela Sanders, « Ice » (Royaume Uni)

Amateurs Initiés – Mentions Spéciales : Marie Odile Laurent, « La poule aux oeufs d’or musifs » (France) et Monique Duteil, « K.O. » (France)

1er prix Amateurs  : Dina Angistriotu, « Mur non entravant » (Belgique)

2e prix Amateurs  : Joëlle Laudy, « Le migrateur »

3e prix Amateurs : Rosa Coupe, « Clin d’œil à la vieille dame ancestrale dominant la Beauce » (France)

Amateurs – Mention Spéciale : Marianne Fiette, « Zèbres urbains » (France)

1er prix Groupes : Centre d’Accueil de Jour d’Yzeure, « La femme à la fleur – Hommage à Pablo Picasso » (France)

2e prix Groupes : Projet Collectif Théodora Albi-Mosaïque, « Projet Théodora » (France)

3e prix Groupes ex aequo : Espace de Proximitecité Marvel Cochin Romainville, « L’asteromainville » (France) et A.I.P.E.I. Empro Edelweiss, « Empreinte » (France)

1er prix du Public : Christelle Dalibert – Professionnelle, « Vague » (France)

2e prix du Public : Gary Drostle – Professionnel, « Shrapnel 1914 – War is a Gun with a Worker at Each End » (Royaume Uni)

3e prix du Public : Francois Thibault – Amateur, « Autoportrait de Van Gogh » (France)

Prix du Public – Mention Spéciale : Nathalie Vin – Professionnelle, « Multiverse » (France)

Et si cela ne vous suffit pas, vous pourrez toujours vous rendre ici, pour visionner un chouette diaporama gentiment concocté par Michelle Munnier.