No peace and love in Toulon…

Après avoir laissé de petits clins d’oeil mosaïstiques dans la nature, voilà un petit moment que j’avais envie de faire de même en ville. Et vu l’atmosphère plus que morose qui règne sur notre pays, le signe « peace & love » s’est imposé de lui-même. On me traitera certainement de naïve, mais j’ai toujours aimé ce symbole. S’il y avait davantage de naïfs, on vivrait peut-être dans un monde plus bienveillant et épanouissant…

Toulon - avenue du littoral 2Donc je me suis décidée dernièrement et il y a dix jours, je posais mes premiers petits symboles de paix et d’amour dans Toulon. L’un deux me plaisait particulièrement : il n’avait rien de fou, il était tout petit, mais il avait des couleurs éclatantes et je l’avais posé à la place d’une plaque de rue qui avait été enlevée, sur la rue très empruntée qui longe la mer.

Oui mais voilà, les gens qui s’expriment, qui sont un tant soit peu créatifs, ça dérange. Vous comprenez, un petit symbole pacifique, c’est bien plus laid et gênant qu’un gros panneau publicitaire, et en la matière, à Toulon, on sait y faire. Voyez plutôt le genre de pub raffinée qu’on se coltine régulièrement (ci-contre). Mayol, l'esprit du sud

Donc, vous l’aurez deviné, ma petite mosaïque a été arrachée. Bon, c’est un peu le principe en même temps et je m’y attendais, mais dix jours… !

Enfin, quelque part, ça me plaît ; ça veut dire que j’ai touché au moins une personne !! Et surtout, cette personne ne sait pas à quel point elle me donne envie de continuer ! L’Amour vaincra ! 😉

Toulon - rue des posidonies

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Sandrine Daubrège à Londres, chez Nathalie Vin !

image 4 Un peu de pub pour ma cop’s Sandrine Daubrège, mosaïste autodidacte à la créativité fabuleuse qui s’est spécialisée dans la fabrique de magnifiques bijoux et qui propose régulièrement de petits stages pour apprendre à créer soi-même tant le support du bijou que la mosaïque qui viendra l’orner. Cette fois, c’est à Londres, chez la super dynamique Nathalie Vin, que Sandrine pose ses valises le temps d’un week-end estival. Ne tardez pas à vous inscrire !

Le stage aura lieu le samedi 25 juin 2016, de 10h à 17h, et il est ouvert aux adultes de tous niveaux. Vous pourrez donc travailler à la création d’un bijou de la forme de votre choix, en utilisant des smalts de Venise et du marbre en pose directe sur une couche de mortier. Vous pourrez vous initier à la taille à la marteline, mais toutes sortes de pinces seront également à votre disposition.image 5

Le tarif est de 110 livres (à voir avec Nathalie et Sandrine pour les euros !!) et cela inclut matériel et matériaux, ainsi que des boissons et un délicieux repas ! Vous n’aurez que votre tablier à apporter !

image 2Pour vous rendre à l’atelier de Nathalie Vin, qui se trouve à Forest Hill, au sud de Londres, vous pourrez prendre un des nombreux trains qui vont jusqu’à la gare de Crofton Park ou bien celle de Honor Oak Park, qui se trouvent respectivement à environ 8 minutes à pied de l’atelier.  Et pour ceux qui viendraient en voiture, il y a tout un tas de places de stationnement dans la rue.

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à contacter Nathalie à l’adresse suivante : tempovision68@gmail.com !

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English version :

Mosaic workshop Jewellery – Honor oak Park (SE23)
When: June 25th 2016 – 10am -5pm
Where: At Nathalie Vin’s studio – London
Designed for all levels of abilities : Adults
Price : £110 all inclusive.
Number of places limited – Book now !

For any information, please contact Nathalie Vin: tempovision68@gmail.com

image 6Description: During this unique jewellery workshop, students will learn how to work with metal and will have the freedom to choose to work on the jewellery shape of their choice. Each student will create a jewellery mosaic using materials such as smalti (handmade glass materials from Venice) and marble. The method used will be the direct method using cement/mortar. The students will be initiated to the hammer and hardie techniques but all sorts of nippers will also be available.

The price includes all materials such as the metal, adhesive, astonishing selection of mosaic tiles and tools. The only thing you need to bring is your apron! Refreshments and a delicious lunch will be served and are included in the price.

Getting there : Nathalie’s studio is in Forest Hill in South London. Trains run regularly to Crofton Park station and Honor Oak Park station, both of which are about 8 minutes walk away from the studio. There is plenty of parking space in the street if you are driving.

« Ravenna », poème de Louis MacNiece

What do I remember of my visit to Ravenna ? Firstly,Sant' Apollinare in Classe

That I had come from Venice where I had come from Greece

So that my eyes seemed dim and the world flat. Secondly,

That after Tintoretto’s illusory depth and light

The mosaics knocked me flat. There they stood. The geese

Had hissed as they pecked the corn from Theodora’s groin,

Yet here she stands on the wall of San Vitale, as bright

As life and a long shot taller, self-made empress,

Who patronized the monophysites and the Greens

And could have people impaled. There was also and thirdly the longSant' Appollinare in Classe

Lost naval port of Caesar, surviving now in the name

In Classe : the sea today is behind the scenes

Like his Liburnian galleys. What went wrong

With Byzanthium as with Rome went slowly, their fame

Sunk in malarial marsh. The flat lands now

Are ruled by a sugar refinery and a church

Sant’ Apollinare in Classe. What do I remember of Ravenna ?

A bad smell mixed with glory, and the cold

Eyes that belie the tessellated gold.

Louis MacNiece (Belfast, 1907 – Londre, 1963),

in The Burning Perch (1963).

Dixième numéro de « Mosaïque Magazine »

9. couverture juillet 2015Reçu dernièrement dans ma boîte aux lettres : le dernier numéro de Mosaïque Magazine. Et je découvre une superbe couverture d’après une mosaïque d’Orodè Deoro, en relief ! Cela nous rappelle que la mosaïque est un art du relief, du toucher, autant qu’un art visuel.

Pour ce dixième numéro, vous pourrez lire pas moins de 115 pages sur les artistes, les lieux, les expo qui font la mosaïque aujourd’hui.

Au sommaire, en vrac, et en une liste non exhaustive : le joli hommage de Jérôme Gulon à Charlie Hebdo, l’examen « Meilleurs Ouvriers de France » 2015 avec les œuvres de C. Albertini, M.-L. Besson et M. Lanoë., les portraits de Clément Mitéran, l’atelier de la famille marseillaise Patrizio, l’expo de Verdiano Marzi à Chicago, et j’en passe…

Bonne lecture à tous !

Le couple, le corps, le désir… : les troublantes mosaïques d’Agnès Bethlen

Agnès Bethlen, "Nue"

Agnès Bethlen, « Nue »

Lors de ma visite aux Rencontres de Chartres 2014, je suis restée figée devant une grande mosaïque carrée : « Nue », d’Agnès Bethlen. Tons noirs, gris, blancs. Un corps de femme voluptueux, sans tête. Il y avait de très belles mosaïques dans cette exposition, mais jamais je n’avais vu de mosaïque d’une telle sensualité ! Tout à coup, le marbre devenait une matière molle, si bien que j’avais envie de toucher ces cuisses volumineuses pour vérifier qu’il s’agissait bien de pierre. Ce jour-là, j’ai ressenti un choc. Un énorme choc qui m’a fait un bien fou !

Agnès Bethlen a été assez gentille pour répondre à mon appel de modeste blogueuse et se prêter au jeu de l’interview par téléphone. Voici un résumé de notre entretien.

Ayant eu l’occasion de visiter la basilique Notre-Dame de Fourvière (à Lyon), Agnès a été sensibilisée relativement jeune à l’art de la mosaïque, mais les mosaïques de Fourvière étaient un peu trop « rococo » à son goût ! Il y a sept ans, à la suite d’un licenciement, elle s’est lancée dans une carrière artistique, pour notre plus grand bonheur. Sa première mosaïque, pour reprendre ses mots exacts, fut « immonde » ! Mais elle ajoute avec malice qu’elle aime la montrer aux débutants pour les encourager. Après deux ans de mosaïque « de loisir », elle a effectué des stages auprès de Nathalie Fieno, puis Alexandra Carron, avant de s’inscrire pour un an de formation professionnelle auprès d’Antoine de Crozé, ancien élève de Liccata, à Montreuil. Celui-ci lui a « ouvert le regard », lui a fait voir la mosaïque autrement. Puis, il y a quatre ans, elle a lancé son propre atelier, créant et animant des cours dans une chaleureuse pièce de 25 m², chez elle.A.Bethlen - détail Désir

Il ne faut pas longtemps pour se rendre compte qu’Agnès Bethlen est une femme curieuse et généreuse, qui aime le partage et qui a envie d’apprendre, d’aller plus loin. Ainsi, désormais installée dans son atelier et réalisant de très belles œuvres, elle a tout naturellement continué à se former régulièrement auprès d’autres artistes tels que Mélaine Lanoë, Marie-Laure Besson, France Hogué, Jérôme Clochard… Mais une rencontre importante pour elle a été celle de la peintre Martyne Maillard, dont elle suit les cours et avec qui elle a élaboré les cartons de ses dernières œuvres au pastel sec et à la pierre noire, une série de nus autour du thème du couple. De surcroît, Martyne Maillard est à l’origine de la « cellule » mosaïque désormais installée au sein du salon d’artistes français « Art en Capital » au Grand Palais, à Paris, dont la dernière édition a eu lieu en novembre 2014. Il y avait, la première année, six mosaïstes présents au Grand Palais ; en novembre dernier, ils étaient quatorze. Le but pour l’année prochaine est de rassembler vingt mosaïstes, mais pas seulement des français. Et puis l’école de Spilimbergo y est bien représentée, mais Agnès, qui en gère l’organisation de manière non officielle, tient à mélanger les genres, les courants de pensée.

Pour ce salon qui, à l’origine, ne proposait que de la peinture et de la sculpture, les artistes doivent présenter de grands formats. Le dossier étant à déposer très tôt dans l’année et Agnès n’ayant pas de véritable « stock », elle doit produire une grande mosaïque chaque année, ce qui génère chez elle une certaine pression ! Compte tenu des contraintes que cela représente, elle n’expose (presque) que là.

Agnès Bethlen, "Désir"

Agnès Bethlen, « Désir »

Les mosaïques qu’elle y a présentées sont les premières d’une série de corps (le nu étant pour l’instant la seule chose qui l’intéresse dans le figuratif), ou plutôt, sur ce que représente le couple pour elle. Ainsi, l’œuvre intitulée « Nue » symbolisait la féminité, la femme pulpeuse censée attirer l’homme -à l’origine du couple, donc. La deuxième œuvre, « Désir », met en scène une femme, de dos, semblant observer un homme, de dos lui aussi. Ce dos d’homme, Agnès l’a recommencé trois fois !

La suite de la série devrait être réalisée dans le même format. Agnès prévoit de s’inspirer des diverses phases de l’histoire d’un couple ; elle a donc l’intention d’évoquer les notions de protection, de complicité, de passion, et, pour terminer, de dissension (le terme exact correspondant à cette dernière œuvre restant à définir). Alors que nous en sommes à tenter de nous remettre de nos émotions face à « Désir », Agnès est déjà dans la conception de sa mosaïque sur la protection. Celle-ci devrait prendre la forme de deux corps dans une position rappelant l’idée du cocon. Mais, contrairement à ses mosaïques précédentes, elle aimerait en montrer les visages. Or, n’ayant jamais suivi de formation sur le portrait, elle se pose quelques questions… Je ne sais pas combien de fois elle démontera et remontera ses visages, mais j’ai hâte de voir le résultat !

Agnès Bethlen vit en Île-de-France, mais elle va bientôt s’installer sur Lyon. Ce déménagement et le fait qu’elle tente de constituer un fonds d’œuvres à exposer ne lui laissent pas le temps de proposer des cours actuellement. En attendant donc qu’elle nous fasse ce plaisir, courons voir ses bouleversantes mosaïques partout où elles seront exposées !