Perspectives Mosaïques 2017 : appel à candidatures

logoC’est reparti pour un tour : l’association créée par Alexandra Bergery a lancé, il y a quelque temps, les préparatifs de sa 2ème exposition « Perspectives Mosaïques », qui aura lieu à Dijon du 16 au 31 mars 2017. Pendant ces deux semaines, seront montrées au public environ soixante-dix oeuvres réalisées par soixante-dix mosaïstes différents !

Les artistes intéressés pour y participer sont donc priés de se faire connaître avant le 31 décembre 2016, en expédiant le dossier d’inscription, à demander à l’adresse mail suivante : perspectivesmosaiques@gmail.com.

Bonne création à tous !

Petit tour par Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille (13), France

Voilà bien longtemps que je n’avais pas gravi la côte jusqu’à cette chère « Bonne Mère », alors j’y suis retournée il y a peu pour admirer (enfin !) le résultat de sept longues années de restauration. Et ce fut une belle découverte !

Notre-Dame-de-la-Garde se dresse sur la colline du même nom et domine la ville de Marseille, dont elle est devenue le symbole. Considérée comme la gardienne des marins et des pêcheurs, elle est même le lieu le plus visité de la cité phocéenne. Mais de 2001 à 2008, la basilique a subi des travaux de remise en état, tout d’abord à l’extérieur en raison des effets désastreux de la corrosion atmosphérique (rappelons que le monument se trouve à deux petits kilomètres du bord de mer à vol d’oiseau), notamment sur le marbre vert des Alpes, mais aussi à l’intérieur, avec ses remarquables mosaïques, noircies par la fumée des cierges et endommagées par des impacts de balles et des éclats d’obus lors de la Libération en août 1944.

Les travaux de restauration ont donc été confiés à un mosaïste du cru : Michel Patrizio. De génération en génération, les Patrizio se sont transmis le savoir-faire des mosaïstes du Frioul et emploient aujourd’hui des mosaïstes issus de l’école de Spilimbergo, en Italie. Spécialisés dans la restauration, ils ont oeuvré à la remise en état de monuments tels que la Basilique du Rosaire à Lourdes, l’Eglise Sainte Thérèse à Rennes, ou encore le musée des Beaux-Arts de Nice.

Après la guerre, les trous laissés par les tesselles manquantes dans les mosaïques de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde avaient été comblés par du plâtre recouvert de peinture ! Pour remplacer les tesselles d’origine, Patrizio s’est donc procuré les matériaux nécessaires à Venise, chez Orsoni. La partie la plus abîmée était la coupole la plus proche du chœur : toutes les mosaïques d’or ont dû être changées ! Enfin, certaines parties de mosaïques menaçant de se décoller ont été consolidées par des injections de résine.

Voici, en prime, un lien vers une vidéo réalisée par le diocèse de Marseille, à l’image, certes, pas d’une grande qualité, mais avec un commentaire fort intéressant du Père Levet, qui décrit et analyse les mosaïques de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

2e Biennale « Mosaïques en Nord », à Hazebrouck (59), France

J’en parlais il y a un an et l’évènement approche à grand pas : du 31 octobre 2015 au 4 janvier 2016, le Centre Socio-Educatif de Hazebrouck, dans le département du Nord, organise la 2e biennale « Mosaïques en Nord ».

Cette année, l’artiste mis à l’honneur sera Gérard Brand, génial inventeur de mosaïques. affiche Mosaïques en Nord 2015Si vous n’avez jamais croisé sa route, il est temps d’y remédier ! Son exposition, « Les atypiques », se tiendra au Musée des Augustins et sera visible tous les après-midi sauf le lundi de 14h à 17h30 (entrée : 3 euros), avec des ateliers pour les enfants le matin, sur réservation. L’artiste sera aussi présent à la conférence intitulée « Gérard Brand, la mosaïque autrement », présentée au Centre Socio-Educatif par Mme Brigitte Maurice-Chabard, conservatrice en chef du musée Rolin d’Autun, le samedi 28 novembre, à 17h.

Par ailleurs, la galerie du CSE mettra en lumières les travaux de plus d’une centaine de mosaïstes à travers l’exposition « Matières et Variations », visible tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h (entrée gratuite).

Enfin, et c’est la spécificité de cette édition, Jean-Marc Escherich, qui anime des ateliers de mosaïque au CSE de Hazebrouck, a mis en place un partenariat avec une carrière belge de « pierre bleue de Soignies » : cinquante-cinq artistes ont ainsi été invités à créer une oeuvre avec cette pierre. On pourra donc aller admirer leurs créations spécialement imaginées pour « Mosaïques en Nord » à l’église Saint-Eloi, où sera également exposée une chapelle créée par Gérard Brand. Cette dernière exposition sera ouverte au public du mardi au dimanche, de 14h à 18h, et l’entrée est gratuite.

Pour tout autre renseignement, s’adresser au : 03.28.43.44.46

Les « street bugs » de Philippe Vignal

Insecte chilien de Philippe Vignal

Insecte chilien de Philippe Vignal

A l’origine, Philippe Vignal, artiste basé à Paris, crée des objets de déco en mosaïque de carrelage. Il a un style bien à lui, facilement reconnaissable, et il reproduit ainsi ses motifs géométriques sur tableaux, chaises, pendules, tables, etc.

A la suite de son aventure chilienne aux côtés d’Isidora Paz Lopez et tout un tas d’autres mosaïstes, en 2014, il s’est bâti une petite notoriété en lançant ses fameux « street bugs », des insectes colorés lâchés d’abord dans les rues parisiennes, puis, par la suite, dans le monde entier, grâce aux amis qu’il s’est faits aux Chili. Reprenant l’idée d’Invader qui a envahi la planète de ses petits extraterrestres sortis tout droit des jeux vidéo des années 80, Philippe Vignal donne à la mosaïque une visibilité par le biais du street art.

Vous trouverez ici une petite vidéo sympathique montrant l’artiste en action, en virée nocturne dans les rues sombres de Paris !

Béatrice Serre à Sanary (83)

Je l’avais marquée d’une croix rouge sur mon calendrier, cette expo ! J’avais manqué celle de l’an dernier, alors il s’agissait de ne pas me louper cette fois-ci ! Béatrice Serre exposait du 18 avril au 3 mai 2015 à la Maison Flotte, une jolie galerie située sur le port de Sanary-sur-Mer, dans le Var (83).

invitation-expo-Beatrice-SerreMosaïste d’art depuis 20 ans, Béatrice Serre fait maintenant voyager ses œuvres dans le monde entier. Mais le succès ne semble pas l’avoir transformée. Dès le premier regard, on sent une femme bienveillante, d’une grande générosité. Sur le catalogue de son exposition rétrospective de 2013, elle conclut la dernière page par ces mots : « Pour être Mosaïste, il faut avoir un cœur à fendre la pierre. » Et c’est ce que l’on ressent en parlant avec elle : c’est une femme profondément humaine, tournée vers l’autre, et sa mosaïque est un moyen d’atteindre cet autre.

Inca Treasure - Béatrice Serre - 2015

« Inca Treasure », Béatrice Serre (2015)

Lors de notre conversation, Béatrice a fait référence à sa pratique de la méditation et l’on sent en effet que son approche de la mosaïque est résolument spirituelle. Ses œuvres, si singulières, ont évolué avec les années et elles évoquent de plus en plus, à mon sens, la nature, l’univers qui nous entourent. Devant ses dernières créations, il est étonnant de voir avec quelle aisance elle enchaîne les nuances de couleurs, comme elle mêle les matériaux. Elle parvient à une harmonie incroyable à partir d’éléments très divers, de la tesselle bien taillée au morceau de roche le plus brut, sans que l’on se rende compte de cet enchaînement, à moins bien sûr de s’approcher pour examiner tout cela de près.

Par ailleurs, elle s’est alliée à un artiste du métal, Thierry Bonnay, qui a collaboré avec elle sur plusieurs de ses dernières œuvres (comme « Inca Treasure », ci-dessus) et il apparaît évident que le métal se marie merveilleusement à la pierre.

Je ne saurai donc que vous conseiller de vous précipiter à la prochaine exposition de Béatrice Serre, et pour ceux qui auraient du mal à patienter, voici un petit diaporama qui vous donnera une idée de l’immensité de son talent.