Balade avec Space Invader…

Quand on se promène à Paris le nez en l’air, on peut découvrir tout un tas d’oeuvres de street artists, dont les petits extraterrestres en mosaïque, tout droit sortis du jeu vidéo Space Invaders, sorti en 1978 (merveilleuse année ;p ), de l’artiste… Space Invader. En voici un mini-aperçu :

Dans mon quartier toulonnais aussi, il y en avait deux, dont un, situé rue Chartreuse de Montrieux, que je trouvais particulièrement sympa. Mais voilà, tout le monde n’aime pas qu’on ajoute librement un peu de fantaisie dans sa vie… et mes chers petits Invaders ont été arrachés. A moins que -allez, soyons optimiste- un fan de l’artiste ait préféré les récupérer pour lui tout seul !

Les « street bugs » de Philippe Vignal

Insecte chilien de Philippe Vignal

Insecte chilien de Philippe Vignal

A l’origine, Philippe Vignal, artiste basé à Paris, crée des objets de déco en mosaïque de carrelage. Il a un style bien à lui, facilement reconnaissable, et il reproduit ainsi ses motifs géométriques sur tableaux, chaises, pendules, tables, etc.

A la suite de son aventure chilienne aux côtés d’Isidora Paz Lopez et tout un tas d’autres mosaïstes, en 2014, il s’est bâti une petite notoriété en lançant ses fameux « street bugs », des insectes colorés lâchés d’abord dans les rues parisiennes, puis, par la suite, dans le monde entier, grâce aux amis qu’il s’est faits aux Chili. Reprenant l’idée d’Invader qui a envahi la planète de ses petits extraterrestres sortis tout droit des jeux vidéo des années 80, Philippe Vignal donne à la mosaïque une visibilité par le biais du street art.

Vous trouverez ici une petite vidéo sympathique montrant l’artiste en action, en virée nocturne dans les rues sombres de Paris !

Technique de Ravenne : la mosaïque de marbre sur chaux provisoire

En août dernier, j’ai suivi un stage d’une semaine à l’atelier parisien de Giovanna Galli pour y apprendre la technique de Ravenne de la mosaïque de marbre sur un support de chaux provisoire. Ce furent six journées de concentration intense, pleines d’enseignements… et de rigolades !

Peu utilisée de nos jours, cette technique reste néanmoins très intéressante à étudier. Elle fut en effet inventée par des mosaïstes ravennates en 1955. A l’époque et durant les décennies qui suivirent, les touristes aimaient à rapporter chez eux un petit bout d’Italie et la copie de mosaïques anciennes était une bonne source de revenus pour les mosaïstes italiens. Ainsi cette méthode fut-elle notamment mise au point pour leur apporter un grand confort dans la réalisation de reproductions. Elle était également très pratique pour l’enseignement, car la chaux a l’avantage de sécher lentement et la mosaïque peut ainsi être retravaillée, retouchée. Elle fut donc utilisée couramment à des fins didactiques.

Voici les différentes phases de cette technique, dite « de Ravenne » (cliquer sur la première image pour ensuite faire défiler les photos et lire les commentaires) :

J’ai ensuite cherché une image de la mosaïque originale d’Aquileia, que voici ci-dessous, et j’ai été un peu surprise, car je me suis rendu compte que la reproduction qui m’avait servi de modèle n’était pas très réussie (ce dont m’avait quand même prévenue Giovanna !). La bouche, par exemple, que je trouvais assez laide, est en fait d’une bien plus grande finesse. Si c’était à refaire, je travaillerais donc à partir d’un original, mais bon, je suis contente de ma reproduction de reproduction !

Aquileia-mosaïque-originale

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur cette technique, Giovanna Galli a publié un livre très bien fait (pour moi, l’un des meilleurs actuellement parmi les livres sur les techniques de la mosaïque) en 2002, aux éditions Ulisse, qui s’intitule La mosaïque selon la tradition de Ravenne.

La tombe de Noureev et son tapis de mosaïque

Si vous passez par l’Ile de France et que vous vous sentez soudain pris d’une envie de Russie, faites un tour à Sainte-Geneviève des Bois. Créé en 1927 par la diaspora russe, le cimetière communal, appelé aujourd’hui « cimetière russe », abrite de nombreuses personnalités originaires de Russie (artistes, hommes politiques, militaires…).

tombeau-noureevParmi elles, on compte Rudolf Khametovitch Noureev (ou Noureïev), immense danseur classique décédé du SIDA le 6 janvier 1993, à l’âge de 54 ans. Né en 1938 à Irkoutsk (Sibérie Orientale), il avait fui l’URSS et était arrivé en France à 23 ans, où il allait devenir danseur étoile puis maître de ballet au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Il fut inhumé, selon sa volonté, au cimetière russe de Sainte-Geneviève des Bois, et depuis mai 1996, il repose sous un magnifique tapis de mosaïque, aux couleurs chatoyantes des kilims orientaux, que Noureev affectionnait particulièrement. Cette mosaïque d’émaux rouges, bleus et or fut dessinée par le décorateur de théâtre et des ballets de Noureev, Ezio Frigerio, puis réalisée par un atelier de mosaïstes de Ravenne et répondant au nom d’Akomena.

Ainsi enveloppée, la tombe est non seulement superbe, mais le tapis a l’air plus vrai que nature et donne un côté chaleureux à la sépulture. Il rappelle aussi, bien sûr, les origines orientales de Noureev, ainsi que son goût pour les voyages. Un dernier kilim pour un dernier voyage…

Pour se rendre au cimetière orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois :

En car : 58 boulevard Saint-Jacques (Denfert Rochereau), direction Ste-Geneviève-des-Bois (en principe, toutes les heures à partir de 8h du matin). Pour plus d’infos : http://www.transdev-idf.com/

En RER et bus : Prendre le RER C direction Etampes et de descendre à la gare de Sainte-Geneviève des Bois puis  prendre le bus n°104 direction ZI croix blanche et  descendre à l’arrêt Parc Pierre qui se trouve tout près du cimetière.

Exposition : Aubry et Galli à Paris

Les mosaïstes Giovanna Galli et Henry-Noël Aubry exposeront bientôt de petits formats à la Galerie des 3F, dans le 18e arrondissement de Paris (plus exactement, au 58 rue des Trois Frères, au pied de la Butte Montmartre, à deux pas de la station de métro « Abbesses »).

Du 10 au 16 mars, leurs mosaïques seront visibles tous les jours, de 11h à 22h, et vous aurez droit à deux vernissages, les 11 et 12 mars à 18h, pour aller à leur rencontre.

Pour plus d’infos : 06 74 49 21 98 / 06 61 13 25 74.